
Pour assister en visio : https://meet.goto.com/GEGO
Eleni Fragaki, Mercator Fellow à l’Université d’Augsbourg, est Professeure invitée du Département
des Sciences de l’Antiquité de l’ENS, du 10 mars au 11 avril 2025. Vous êtes cordialement invités
à ses conférences sur l’Alexandrie ptolémaïque, à l’ENS et en ligne.
Contact : jeanne.capelle@ens.psl.eu
Eleni Fragaki sera par ailleurs présente tout au long de son séjour à l’ENS à son bureau du
Département des Sciences de l’Antiquité. Prise de rendez-vous : eleni.fragaki@uni-a.de
Vendredi 14 mars, 10h-12h, salle F : Topographie et architecture du quartier royal ptolémaïque
(dans le cadre du séminaire d’architecture de J.-Y. Marc)
Situés dans une zone côtière où le sous-sol a été fortement perturbé, les célèbres basileia
alexandrins ne peuvent être appréhendés qu’à partir des sources littéraires et de quelques
vestiges archéologiques très fragmentaires. Bien que tardive, la description de Strabon fournit
de précieux indices topographiques qui donnent une idée de la configuration générale de ce
vaste domaine palatial. Les éléments architecturaux les plus anciens, d’ordre dorique et
ionique, semblent se rattacher à la tradition des grands chantiers micrasiatiques de la haute
époque hellénistique. En revanche, les chapiteaux corinthiens reflètent un style local qui se
développe progressivement. Combinés aux données du terrain, certains passages des auteurs
antiques invitent, par ailleurs, à des comparaisons avec l’architecture royale et funéraire
macédonienne. Deux constructions éphémères connues uniquement par ces textes, la tente
d’apparat de Ptolémée II et le bateau de plaisance de Philopatôr, pointent dans cette direction
tout en révélant le luxe et l’exotisme des matériaux et du décor au sein de la cour lagide.
Jeudi 20 mars, 10h30-12h30, salle F : De Pétra à Pompéi : le fantôme de l’architecture
alexandrine (dans le cadre du séminaire Décor et architecture de S. Blin, A.-A. Malek, Cl. VibertGuigue ti discutante : J. Dentzer-Feydy)
La ressemblance entre les constructions fictives du deuxième style pompéien et certains
monuments de Pétra, notamment des tombes rupestres, a été remarquée très tôt dans la
bibliographie moderne. À partir de ces rapprochements, la recherche plus récente a proposé
de reconnaître l’influence alexandrine aussi bien sur les fantaisies architecturales des fresques
que sur les façades nabatéennes, qui offriraient par conséquent un reflet éloquent de
l’architecture en grande partie disparue de la capitale lagide. Après avoir retracé le
cheminement de ce long débat, étroitement lié à l’interprétation controversée de la peinture
pariétale romaine et de son iconographie, l’attention se concentrera sur l’apport des
découvertes archéologiques des dernières décennies. Les perspectives qui s’ouvrent ainsi
permettront d’appréhender ces enjeux complexes sous une lumière nouvelle et pourront
alimenter la discussion.
Jeudi 27 mars, 10h30-12h30, salle F : Au-delà de la dualité gréco-égyptienne : l’exemple des
nécropoles et des hypogées hellénistiques (dans le cadre du séminaire Décor et architecture de
S. Blin, A.-A. Malek, Cl. Vibert-Guigue ; discutant : J.-Y. Marc)
Rares témoignages de l’architecture ptolémaïque d’Alexandrie, les tombes monumentales
furent explorées dès le XIXe siècle. À l’instar des analyses de la culture matérielle de la capitale
lagide qui ont prédominé jusqu’à récemment, l’intérêt s’est longtemps focalisé sur le degré
d’hellénisation – ou d’égyptianisation – du décor de ces hypogées. Dans le même esprit, on a
recherché les origines de leur plan et de leur morphologie tantôt dans le monde grec et
macédonien, tantôt dans l’Égypte pharaonique. Or, un examen critique de l’historiographie
met en évidence les questions méthodologiques complexes posées par cette dichotomie et les
limites d’un tel cadre interprétatif. Une nouvelle approche, inspirée des théories de la
mondialisation et de l’agentivité, permet d’élargir l’horizon vers d’autres relations
interrégionales, notamment avec le Proche-Orient, mais aussi de déplacer le cœur de la
réflexion vers les caractéristiques matérielles des structures, leur diffusion et leur évolution.
Jeudi 3 avril, 10h30-12h30, salle F : Automates, statues animées et autres truquages : entre
amusement, idéologie royale et religion (dans le cadre du séminaire Décor et architecture de S.
Blin, A.-A. Malek, Cl. Vibert-Guigue ; discutant : M. Fuchs)
Bien attestés à Alexandrie, les automates, statues animées et autres truquages se rattachent
à une longue tradition d’ingénierie qui s’est développée dès les IIIe s. av. J.-C. au sein du Musée
et de la Bibliothèque. Les traités techniques décrivent les mécanismes et les procédés de
fabrication de ces dispositifs avec suffisamment de précision et de détails pour permettre leur
restitution. En effet, reposant sur les mêmes principes physiques que les machines et appareils
de caractère utilitaire conçus par les savants alexandrins, ces artifices, longtemps abordés dans
la recherche moderne du point de vue de l’histoire des sciences et de la technologie, étaient
parfaitement fonctionnels. Cependant, si les aspects à la fois théoriques et pratiques de leur
création se dégagent clairement des sources textuelles, les circonstances exactes de leur
utilisation sont plus difficiles à cerner. Leur rôle dans le contexte politique, socio-culturel et
religieux de l’époque n’a été exploré que récemment et reste à débattre.
voir le programme détaillé : https://antiquite.ens.psl.eu/wp-content/uploads/2025/02/DSA_Fragaki_programme.pdf
