Projet de recherche

Présentation du projet de recherche

Sommaire

Alexandrie ottomane, une présentation générale

Présentation générale du projet de recherche

Activités du projet de recherche

Bibliographie sommaire

Sources archivistiques

Quelques documents cartographiques et textuels

Contact


En cours de développement

Repères chronologiques

 

 

 

Le cadre institutionnel

Le projet de recherche sur la ville d'Alexandrie à l'époque ottomane repose sur un partenariat entre quatre institutions scientifiques : le Centre d'Etudes Alexandrines (CEAlex, Alexandrie), le Centre d'Etudes et de Documentation Economique, Juridique et sociale (CEDEJ, Le Caire), l'Institut Français d'Archéologie Orientale (IFAO, Le Caire) et l'Institut de Recherches sur le Monde Arabe et Musulman (IREMAM, Aix-en-Provence).

La problématique générale

L'intégration de l'Egypte dans l'Empire ottoman en 1517 donna à la ville portuaire d'Alexandrie une nouvelle et vigoureuse impulsion. Libérée de son rôle de ville frontière (thaghr) qu'elle avait encore été sous les Mamelouks, la cité portuaire d'Alexandrie devint rapidement le carrefour essentiel d'un vaste réseau commercial qui ne se limitait pas seulement à l'Empire ottoman. Les liens séculaires que la ville avait entretenus avec les ports européens de la Méditerranée occidentale, en particulier avec Marseille et Venise, connurent eux aussi une réactivation importante.
La multiplication des activités commerciales, artisanales et portuaires attira vers Alexandrie non seulement des populations venues de l'arrière pays égyptien mais aussi des communautés issues de tout le pourtour de la Méditerranée. En même temps, la cité connut une importante expansion urbaine. Phénomène rarissime, celle-ci se traduisit par un véritablement glissement de la ville de son site ancien et fortifié hérité de l'Antiquité et de la période médiévale, vers un emplacement nouveau et sans doute plus approprié, localisé sur la presqu'île qui séparait les deux ports. Cette Alexandrie ottomane correspond aujourd'hui aux quartiers de Gumruk, Manshiyya et Anfûshi.
Le règne de Mohammed Ali marqua une nouvelle rupture dans l'évolution d'Alexandrie. La vigoureuse politique d'ouverture économique et commerciale en direction de l'Europe, amorcée par l'ambitieux gouverneur d'Egypte à partir de 1811 suite à la liquidation des Mamelouks, et confirmée en 1815 après le retour du Hédjaz, amorça une période de croissance et de transformation très rapides. Celles-ci affectèrent non seulement la cité ottomane, mais aussi et surtout le site ancien qui avait entre temps été largement abandonné.
Malgré le rôle que joua Alexandrie sur cette longue période allant du début du XVIe siècle aux premières années du règne de Mohammed Ali, l'histoire de la ville reste encore très largement méconnue pour cette époque. Elle n'a guère retenu l'attention des chercheurs et historiens. Pourtant les sources sont innombrables. Les archives nationales d'Egypte, mais aussi celles des villes ou pays qui avaient entretenu des relations étroites avec Alexandrie, conservent des documents par milliers, voire par centaines de milliers et concernant le port égyptien. Le terrain -entendons par là un tissu urbain et un bâti qui remontent à la période ottomane et qui sont encore partiellement conservés- ainsi que la cartographie ancienne et moderne constituent d'autres sources de données fondamentales.

Le projet de recherche s'articule autour des thèmes suivants :

1) le cadre urbain

A partir des diverses sources disponibles (terrain, archives, cartes et relevés), il s'agit d'établir une topographie et une toponymie précises de la ville depuis le début du XVIe siècle jusqu'au début du XIXe siècle, puis de cartographier ces données, de mettre en évidence l'organisation spatiale et les formes urbaines, enfin de comprendre les grandes phases de l'évolution urbaine en les mettant en rapport avec les conjonctures politiques et économiques en Egypte, dans l'Empire ottoman et en Méditerranée.

2) les réseaux

Les activités artisanales, commerciales et maritimes de la ville s'inscrivaient dans des réseaux multiples. En fonction de la conjoncture sur la longue durée, ils liaient la ville à des ensembles variés. Par des routes essentiellement maritimes, Alexandrie était en contact avec l'ensemble de l'espace méditerranéen. Par la voie fluviale du Nil, la ville communiquait non seulement avec l'arrière pays égyptien, mais bien au-delà, également avec l'Arabie, l'Inde et même l'Extrême Orient. Par les routes caravanières transsahariennes enfin, Alexandrie était en relation étroite avec le Maghreb et la lointaine Afrique sahélienne.

3) Les institutions urbaines

Conseil de la ville (diwân), tribunal (mahkama), police, amirauté, corporations de métiers, douane, groupes militaires, syndic des descendants du Prophète (niqâbat al-ashrâf), autant d'institutions dont l'étude permettra de déterminer le degré d'intégration de la ville dans le système ottoman ou de mesurer son éventuelle autonomie par rapport à celui-ci.

4) La société

Ville commerçante méditerranéenne, Alexandrie abritait des communautés de confessions variées : musulmans, juifs, chrétiens coptes et orthodoxes. Si les origines de la population étaient variées, les Maghrébins y étaient établis en nombre et exerçaient une forte influence. Ils contribuèrent à lui conférer cette marque particulière, encore perceptible aujourd'hui, ne fut-ce qu'à travers certains éléments architecturaux. Par delà des questionnements sur les chiffres, sur les flux migratoires, sur les divers cadres de l'organisation et de la hiérarchie sociales, il conviendra également de s'interroger sur les perceptions d'identité et de citadinité dans cette ville portuaire méditerranéenne à l'époque ottomane.

Le programme

Une équipe d'une trentaine de chercheurs appartenant à une dizaine de pays et travaillant sur les multiples sources d'archives a été constituée.
La première étape du projet, qui a débuté en 2001, a été essentiellement documentaire. Il a notamment été procédé à un dépouillement sériel portant sur les quelques cent vingt registres des Archives du Mahkama d'Alexandrie conservé actuellement aux Archives nationales d'Egypte au Caire. Ce travail, qui se poursuit encore, a déjà permis de constituer une première base de données de plus de sept mille fiches informatisées hébergées au CEDEJ. Des recherches documentaires ont aussi été entamées dans des archives au Liban (Tripoli), en Turquie (Istanbul), en Croatie (Dubrovnik), en Italie (Venise et Livourne), en France (Marseille, Toulon, Paris et Nantes) et au Maghreb (Tunis et Alger). De même, une matrice cartographique est en cours de réalisation au CEA, à partir de la superposition informatisée sur ArcView de la carte de la Description d'Egypte et du plan du cadastre.
Ces travaux préliminaires ont débouché sur une première table ronde sur les « Sources de l’histoire ottomane d’Alexandrie ». Elle s'est déroulée du 30 octobre au 1er novembre 2003 à Alexandrie.
Elle sera suivie par un colloque sur "Alexandrie, cité portuaire méditerranéenne au XVIIIe et début XIXe siècle : réseaux, économie, communautés, institutions " qui se tiendra en décembre 2004 au Caire à l’IFAO.
A ce premier colloque succèderont d'autres réunions thématiques en 2005 (Alexandrie aux XVIe et XVIIe siècles), 2006 (Alexandrie et la mer) et 2007 (Alexandrie ottomane : société et institutions urbaines), chacune donnera lieu à la publication d'un ouvrage collectif. Projet édité par l’IFAO dans le cadre de la collection « Etudes alexandrines ».

Michel Tuchscherer, coordonnateur du projet,
enseignant chercheur Université de Provence- IREMAM