Sommaire
Activités du projet de recherche
Thèmes en cours de développement :
Repères chronologiques
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18 -19 avril 2008, salle Massignon, Centre culturel français, Alexandrie
9 et 10 mars 2007, Aix-en-Provence, Salle Paul-Albert
Février MMSH
18, 19 et 20 septembre 2005, IFAO, Le Caire
Compte rendu de la table ronde " sources de l'histoire d'Alexandrie
à l'époque ottomane "
Dans le cadre du projet de recherche "Alexandrie, cité
portuaire méditerranéenne à l'époque ottomane (XVIe-début XIXe siècle)",
une première table ronde s'est déroulée du 30 octobre au 1er novembre
2003 dans une des salles de conférence de la Bibliotheca Alexandrina.
Cette rencontre a bénéficié de l'appui financier de la région PACA, de
l'Université de Provence et de l'IREMAM ainsi que du soutien matériel
de la Bibliotheca Alexandrina, du CEAlex et de l'IFAO. Elle a permis de
réunir 24 chercheurs égyptiens. Les exposés ont porté sur la présentation
des sources de l'histoire ottomane d'Alexandrie dont voici le détail.
La première séance a été consacrée aux sources orientales.
Samih 'Id (CEDEJ) a donné un aperçu sur l'ensemble
des registres de la collection "Mahkamat al-Iskandariyya", conservée aux
Archives nationales égyptiennes du Caire. Il s'agit de 337 registres couvrant
une période allant de 1550 à 1922. Il a montré la grande diversité à la
fois des documents et des registres. Pour la période qui nous intéresse
jusqu'en 1810-11, la collection comprend en particulier deux registres
contenant à peu près exclusivement des échanges de correspondances, généralement
en osmanli, entre les autorités locales d'Alexandrie et les institutions
au Caire et à Istanbul.
Magdi Girgis (Université du Caire) a émis un certain nombre de
remarques sur l'utilisation des registres comme source d'information.
Il conviendrait en particulier de tenir compte des rapports établis entre
la population et l'institution du mahkama et de s'interroger sur les conditions
de production de ces documents.
Husâm 'Abd al-Mu'tî (Centre national de recherches aux Archives
du Caire), à partir de l'exemple des négociants maghrébins, a montré combien
d'autres séries de registres, en particulier celles du Caire, pouvaient
être riches d'informations sur la ville d'Alexandrie et ses relations
avec les autres villes et régions de l'Egypte.
Nâsir 'Uthmân (Université d'Assiyut), à travers l'exemple de la
production et du commerce des textiles, a insisté sur la complémentarité
entre les documents du mahkama d'Alexandrie et de celui de Rosette.
Nâsir Ibrâhîm a fait ressortir la complémentarité des sources françaises
relevant de l'expédition de Bonaparte et des documents du mahkama, à propos
des négociants et artisans d'Alexandrie durant cette période.
Farûq Hoblos (Université de Tripoli, Liban) a montré l'intérêt
des documents du mahkama de Tripoli, ainsi que ceux du consulat de France
à Tripoli et Sayda pour l'histoire d'Alexandrie et de ses relations avec
la côte syrienne à partir de la fin du XVIIe siècle.
Ibrahim Güler (Université d'Istanbul) a donné quelques exemples
de documents relatifs à Alexandrie au XVIIIe siècle, conservés dans les
très riches archives du Bashbakanlik d'Istanbul.
Dalenda Larguèche (Université de la Manouba, Tunis), à partir de
sources tunisiennes et en particulier le chroniqueur Maqdîsh, a apporté
des éléments sur la perception d'Alexandrie par les Maghrébins durant
la seconde moitié du XIXe siècle.
La seconde séance a porté sur les sources occidentales.
André Raymond (Université de Provence-IREMAM) a
constaté la faible occurrence d'Alexandrie dans les sources consulaires
française de Tunis, à partir d'un sondage réalisé dans les documents du
consulat de France à Tunis publiés par Granchamp et portant sur la période
1681-1705. Cependant, ces documents apportent des informations très utiles
sur la navigation et le commerce, mais restent totalement muettes sur
la situation politique.
Michel Tuchscherer (Université de Provence-IREMAM) a succinctement
présenté les principaux fonds d'archives français contenant une documentation
substantielle sur Alexandrie ottomane et ses relations avec la France.
Il s'agit : à Marseille des Archives municipales, de celles de la Chambre
de commerce et de celles du Département des Bouches du Rhône ; à Toulon
des Archives de la Marine ; à Paris des Archives nationales, de celles
du Ministère des Affaires étrangères et de celles de la guerre à Vincennes
; à Nantes des Archives diplomatiques.
Gilbert Buti (Université de Provence-TELEMME), bien qu'ayant dû
renoncer au dernier moment à participer à la table ronde, a néanmoins
fait parvenir le texte de sa communication. Elle a concerné deux "mains
courantes de la chancellerie d'Alexandrie" actuellement conservées aux
archives de la Marine de Toulon. L'une, de près de 900 folios, porte sur
une période allant de novembre 1694 à avril 1702, la seconde comprenant
deux gros registres couvre une période allant de décembre 1753 à juillet
1768. Ces documents fournissent d'abondantes informations sur le fonctionnement
de la nation française d'Alexandrie, sur les affaires sociales des personnes,
résidentes ou de passage, relevant du consulat, ainsi que sur la vie économique
et tout particulièrement le trafic maritime.
Vera Costantini (EHESS, Paris) a évoqué les sources vénitiennes
du XVIIIe siècle. Le nombre élevé de documents que recèle le Archivio
di Stato en raison d'un regain de l'activité des négociants et des consuls
vénitiens à Alexandrie au cours du XVIIIe siècle.
Giulio Fenicia (Université de Bari, Italie) a montré combien la
documentation dans les archives de Dubrovnik, l'ancienne Raguse, pouvait
être éclairante sur les activités commerciales entre le port égyptien
et l'Adriatique au XVIe à travers une analyse de près de 150 volumes tirés
des séries Diversa Notariae, Diversa Cancelleriae et Diversa Navigationis,
couvrant une période allant de 1517 à 1568.
Daniel Panzac (Université de Provence-IREMAM) a présenté une source
privée, la correspondance d'une famille de négociants marseillais Balthalon
établie à Alexandrie à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle.
La troisième séance a été réservée aux voyageurs.
Ouded Sennoune (Université de Lyon) a présenté son
travail de collecte de textes de voyageurs européens sur Alexandrie, allant
de l'époque médiévale jusqu'au début du XXe siècle. Elle a dès à présent
enrichi de manière très substantielle le fonds initial collecté par Volkoff
et amorcé un travail de recherche sur les okelles à partir de ces récits.
Nacereddine Saïdouni (Université de Koweit) a rassemblé une cinquantaine
de récits de voyageurs maghrébins, dont une trentaine d'Algériens. La
plupart ont visité Alexandrie en qualité de pèlerin en route vers les
villes saintes d'Arabie. Leurs récits sont donc particulièrement riches
sur les édifices religieux d'Alexandrie, les pratiques sociales autour
des multiples mausolées et le milieu des ulémas locaux auxquels ils rendaient
généralement visite.
Jean-Louis Bacqué-Grammont a évoqué deux grands descriptions ottomanes
d'Alexandrie, celles de Piri reis et d'Evliya Celebi. Il a établi les
textes à partir des sources manuscrites et achevé une traduction en français
qui sera prochainement publiée.
La quatrième séance s'est déroulée autour du thème du
terrain comme source pour l'histoire d'Alexandrie à l'époque ottomane.
Philipp Speiser (Technische Universität, Berlin)
a montré quel parti on pouvait tirer d'une analyse de la Description de
l'Egypte pour une compréhension de l'architecture civile d'Alexandrie
à l'époque ottomane.
Isabelle Hairy (Centre d'Etudes alexandrines, Alexandrie), à partir
d'une analyse sur la très longue durée allant de l'Antiquité au XIXe siècle,
a fourni des données techniques très précises et des hypothèses très stimulantes
sur les questions de l'approvisionnement et de la distribution de l'eau
à Alexandrie. Elles serviront de base et de cadre de réflexion à toute
recherche à venir sur la question pour la période ottomane.
Catherine Machineck (Centre d'Etudes alexandrines, Alexandrie)
a présenté ce que révèlent les données archéologiques sur les transformations
de la forteresse de Qaytbay durant la période ottomane.
Francis Choël (Centre d'Etudes alexandrines, Alexandrie) a
exposé les "éléments ottomans" trouvés sur le chantier de fouilles archéologiques
de la rue Fu'ad.
La cinquième et dernière séance a été consacrée aux
bases de données :
Cécile Shaalan (Centre d'Etudes alexandrines, Alexandrie),
après une évocation rapide de l'abondante cartographie existante concernant
les zones urbanisées aux époques médiévale et ottomane, a présenté un
travail en cours, consistant à digitaliser la carte établie lors de l'expédition
d'Egypte, et à la superposer sur des cartes postérieures, en particulier
les planches du cadastre. Ce document servira de base pour tous les travaux
ultérieurs de cartographie pour Alexandrie ottomane.
Sâmih 'Id a présenté la base de données réalisées à partir d'un
dépouillement sériel des registres du mahkama d'Alexandrie conservés aux
Archives nationales au Caire. Toujours en cours, elle comprend actuellement
environ 7000 fiches sur logiciel access correspondant à autant de documents
relevés de manière sérielle, une année à intervalle de 25 ans. En outre,
un inventaire de l'ensemble des waqfs (environ 500 documents) et des documents
relatifs aux waqfs (environ 2000) est en cours d'élaboration. Cette base
de donnée est conservée au CEDEJ.
A l'issue de cette réunion de travail, il a été convenu
de :
- développer le site WEB "Alexandrie ottomane" à
l'intérieur du site du CEAlex. Il comprendra, outre des informations
générales sur le programme "Alexandrie ottomane", une bibliographie
et une chronologie.
- publier un premier ouvrage collectif regroupant
un certain nombre de sources documentaires fondamentales en osmanli
et en arabe avec, pour certains, leur traduction en français.
- tenir un premier colloque en décembre 2004 à l'IFAO
du Caire, autour des deux thèmes principaux suivants
- Alexandrie au XVIIIe et au début du XIXe siècle
: réseaux, économie, communautés, institutions
- Evolution urbaine d'Alexandrie durant l'époque
ottomane
Rapporteur : Michel Tuchscherer, coordonnateur
du projet,
enseignant chercheur Université de Provence- IREMAM
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