MUHAMMAD B. AL-KASIM AL-ISKANDARANI
Kamal, Youssouf, Monumenta cartographica Africae et Aegypti,
IV, 2, s. é., 1937.
Historien de sa ville natale, Alexandrie, où il vécut
au XIVe siècle. Les dates précises de sa naissance et
de sa mort sont inconnues. Il écrivit une histoire de la ville
en trois volumes entre 1366 et 1374 (Kitab al-Ilmam fima djarat
bihi l-ahkam al-makdiyya fi waki‘at al-Iskandariyya) dans
le but de décrire la calamité provoquée en octobre
1365 par le roi de Chypre, Pierre de Lusignan, qui descendit sur Alexandrie
et l’occupa (1). L’auteur ne peut être considéré
comme un voyageur, mais plutôt comme un témoin oculaire
de cet événement.
Pages 1275 recto et verso :
« Au nord de la ville d’al-Iskandariya s’étentendait
l’Île : al-Djazira qui y était liée par une
langue de terre. Dans l’île il se trouvait plusieurs ribats
ou places fortifiées, occupées par les défenseurs.
Dans l’île se trouvait encore le tombeau de l’émir
Taghya, auquel était attaché une mosquée nommée
Masdjid Tourbat Taghya. Il y avait encore un phare, construit pour remplacer
l’ancien Phare détruit ; les Francs emportèrent
la porte de ce nouveau phare. Le port du côté ouest de
la langue de terre portait le nom de Bahr al-Silsila.
La ville elle-même était entourée d’un mur
où se trouvait sept portes. Au nord il y avait au milieu le Bab
al-Bahr, à l’est duquel se trouvait le Bab al-Diwan et
à l’ouest, près du port Bahr al-Silsila, le Bab
al-Akhdar. Dans la muraille ouest il y avait le Bab al-Sidra, nommé
aussi Bab al-Chadjara, et le Bab al-Zouhri. Dans la muraille orientale
il y avait le Bab Rachid. Les trois portes dernièrement mentionnées
étaient nommées les portes continentales.
La contrée à l’ouest de la ville, hors des murs,
s’appelait al-Moutriq. C’est par là que le gouverneur
de la vile, après qu’il avait été surpris
dans l’Île par les Chypriotes, réussit à regagner
la ville après avoir passé l’eau à gué.
C’est ici que se trouvait aussi la résidence royale Dar
al-Soultan au bord de la mer.
Dans l’intérieur de la ville sont mentionnés les
édifices suivants. Un dépôt d’armes, nommé
Qa’at al-Qarafa, était situé dans la partie ouest.
Sont mentionnés encore : l’édifice du gouvernement
al-Diwan, près du Bab al-Diwan ; la Trésorerie Bab al-Mal,
la Cour de Justice, la mosquée Djam al-Djouyouchi, la Madrasat
Ibn Habasa, la Madrasat al-Fakhr, la Madrasat al-Naboulouiya. Parmi
les quartiers de la ville, le texte fait mention d’al-Mahadjdja,
probablement dans la partie ouest de la ville, et al-Mahridj. Puis les
places publiques al-Zarbiya, où il y avait un dépôt
d’armes Qasr al-Salah, et al-Kouds. Enfin le lieu fortifié
nommé Qal’at Dirgham.
L’auteur du texte parle encore d’un grand nombre de souqs
(rues de marchés) et de fondouqs (dépôts commerciaux)
qui furent détruits par les Francs et qui constituaient autant
de points topographiques de la ville. Ce sont :
Les boutiques de changeurs : Hawanit al-Sarf ;
Le marché des marchands de bric-à-brac ; Souq al-Qachchachin
;
La halle d vente des Persans : Qaisariyat al-A‘adjim ;
La rue des vendeurs de corail : Chari’ al-Mardjaniyin ;
Le fondouq al-Tabiba ;
Le fondouq al-Djawkandar ;
Le fondouq al-Dammamini ;
Le marché des femmes esclaves : Souq al-Djouwar ;
L’hôtellerie du lin : Wikalat al-Kattan, vis-à-vis
de la mosquée Djami al-Djouyouchi ;
Le marché des vendeurs de bois : Souq al-Khachchbin ;
Les fondouks des Catalans, des Génois, des Marseillais, et le
fondouq al-Mawza ;
Les boutiques des vendeurs de chandelles : al-Chamma‘in ;
Les halles des vendeurs d’étoffes : Qayasir al-Bazzazin
;
Les boutiques des orfèvres : al-Sagha. »