ABU `ABD ALLAH MUHAMMAD BEN `ABD ALLAH BEN MUHAMMAD BEN IBRAHIM AL-LAWÂTÎ
AL-TANJI, dit IBN BATTUTA
CHARLES-DOMINIQUE, P., Voyageurs arabes, Ibn Fadlan, Ibn Jubayr,
Ibn Battuta et un auteur anonyme, Gallimard, 1995.
Ibn Battuta est né à Tanger le 24 février 1304.
De sa vie, nous sommes pauvres en informations. Toutefois , il se dit
juriste en introduction de son ouvrage et au cours de son récit
on apprend qu’il appartenait à une famille de cadis et
de cheikhs. Ibn Battuta quitte sa ville natale le 14 juin 1325 pour
se rendre en pèlerinage à La Mekke et n’en reviendra
que le 8 novembre 1349. Outre les pays par lesquels il passe pour se
rendre aux Lieux Saints (Afrique du Nord, Libye, Égypte, Syrie
et Hedjâz), il visite l’Irak et la Perse en 1327, l’Arabie
du Sud et l’Afrique Orientale en 1330-1331, l’Asie Mineure
en 1332-1334, la Russie méridionale et Constantinople en 1334
; il traverse ensuite l’Asie centrale pour se rendre en Inde où
il séjourne huit ans de 1334 à 1342. Il rejoint alors
la Chine après s’être fixé aux Maldives, pendant
deux ans, et avoir visité la côte du Malabar, Ceylan, la
côte de Coromandel, le Bengale et Sumatra. Enfin revenu à
Fès, il repart en voyage tout aussitôt, en Andalousie et
au Mali en 1352. Dans l’intervalle de ses grands voyages, Ibn
Battuta accomplira six pèlerinages.
Ibn Battuta n’est l’auteur que d’un seul ouvrage,
mais il n’en est ni l’instigateur, ni le rédacteur.
C’est sur l’ordre du souverain mérinide Abu `Inan
qu’il dicta ses souvenirs à Ibn Juzayy, secrétaire
du prince. L’ouvrage fut achevé en 1356. Le titre est en
prose rimée et assonance : Présent à ceux qui
aiment à réfléchir sur les curiosités des
villes et les merveilles des voyages (Tuhfat al-nuzzar fi ghaja’ib
al-amsarwa-`adja’ib al-asfar). L’ouvrage est connu
généralement sous le nom de Rihla (Relation de
voyage) (1).
p. 383-388 :
« Le premier jour du mois de mois de jumâdâ al-ûla
[5 avril 1325] nous parvînmes à -que Dieu la protège
!-. C'est un poste frontière bien gardé, un pays agréable,
merveilleux, aux constructions solides. On y trouve des édifices
élégants et d’autres fortifiés, des monuments
civiles et religieux. Ses demeures sont somptueuses. Tout en elle est
grâce. Ses édifices allient la grandeur à la perfection.
Alexandrie est la perle dont la splendeur éclate, la vierge qui
se laisse voir dans l’éclat de sa parure, elle illumine
l’Occident de sa beauté, réunissant les mérites
divers grâce à la place qu’elle occupe entre l’Orient
et l’Occident. Chaque merveille qu’elle abrite y brille
et toutes les curiosités y aboutissent. Bien des auteurs l’ont
décrite et ont été prolixes à son endroit
; ils ont composé des ouvrages ayant pour sujets ses merveilles
et ont montré ses curiosités. Il suffit de se référer
à l’ouvrage d’Abû `Ubayd al-Bakrî qui
a pour titre Al-Masâlik pour en connaître l’essentiel.
La ville d’Alexandrie a quatre portes : Bâb as-Sidra à
laquelle aboutit la route du Maghreb, Bâb Rashîd [de Rosette],
Bâb al-Bahr [de la Mer], al-Bâb al-Akhdar [Verte] qui n’est
ouverte que le vendredi pour que les gens puissent aller visiter le
cimetière. Alexandrie a un port important : je n’en ai
pas vu de pareil dans le monde si j’excepte Kûlam (2) et
Calicut en Inde (3), le port des infidèles [Génois]à
Sûdâq en Crimée et le port de Zaytûn en Chine
dont je parlerai plus loin.
Lors de ce voyage, je me rendis au Phare. Je constatai qu’une
de ses façades était en ruine. C’est une construction
carrée et haute. La porte est surélevée par rapport
au sol, elle se trouve en face d’une construction de la même
hauteur et entre les deux sont posées des planches qui servent
de passerelle : si on les ôte, on ne peut plus accéder
à la porte du Phare. À l’intérieur de la
porte, on voit une niche où se tient le gardien. À l’intérieur
du Phare, se trouvent de nombreuses salles. La largeur du couloir est
de neuf empans, l’épaisseur du mur de dix et la longueur
de chaque face cent quarante. Le Phare est situé sur une colline
élevée, à une parasange d’Alexandrie, sur
une langue de terre entourée de trois côtés par
la mer qui baigne le rempart de la ville. Le cimetière d’Alexandrie
se trouve sur cette langue de terre contiguë au Phare. J’ai
de nouveau visité le Phare lorsque je suis revenu au Maghreb
en 756 ?1349?. J’ai constaté alors qu’il était
en si mauvais état qu’il était impossible d’accéder
à la porte et d’entrer. Al-Malik an-Nâsir –que
Dieu lui accorde Sa miséricorde !- avait entrepris d’édifier
un Phare semblable au premier, en face de lui, mais la mort l’empêcha
de l’achever.
Parmi les merveilles d’Alexandrie, citons une colonne de marbre
gigantesque qui se trouve à l’extérieur de la ville
et qui est appelée `amûd as-sawârî (4). Elle
est située dans une palmeraie dont elle se distingue par la hauteur
prodigieuse. Elle est d’une seule pièce, parfaitement taillée,
érigée sur un piédestal carré en pierre
qui ressemble à un énorme rocher. On ne sait pas comment
elle a été dressée là et par qui. Ibn Juzzay
ajoute qu’un de ses professeurs qui avait beaucoup voyagé
lui avait raconté qu’un archer d’Alexandrie était
monté au faîte de la colonne avec son arc et son carquois
et s’y était installé. La nouvelle se répandit
et une foule nombreuse accourut pour le voir. L’étonnement
qu’il provoqua se prolongea. On ignorait comment il avait grimpé
sur le faîte de la colonne. Je pense, quant à moi, qu’il
avait agi sous le coup de la peur et par nécessité et
qu’il avait réussi dans son entreprise à cause de
la situation extraordinaire qu’il vivait. Voilà comment
il était monté sur cette colonne : il avait lancé
une flèche à la pointe de laquelle il avait attaché
une longue ficelle nouée à une corde solide. La flèche
était passée par-dessus le chapiteau et restée
en travers, puis était retombée du côté opposé,
la corde étant donc au-dessus du chapiteau. Alors l’archer
l’avait tirée pour qu’elle reste au milieu du chapiteau
à la place de la ficelle. Il l’avait alors fixée
en terre par une extrémité et s’était accroché
à l’autre bout pour grimper. Puis il s’était
installé sur le chapiteau et avait tiré la corde qui avait
été emportée par quelqu’un qui avait accompagné
l’archer. Les gens ne comprirent pas l’astuce et furent
émerveillés par ce prodige.
Revenons au récit d’Ibn Battuta :
L’émir d’Alexandrie, à l’époque
où je parvins dans la ville, se nommait Salah ad-dîn. S’y
était installé le souverain déchu d’Ifrîqiyyâ
Zakariyyâ Abû Yahyâ ben Ahmad ben Abî Hafs,
plus connu sous le nom d’al-Lihyânî. Al-Malik an-Nâsir
avait ordonné qu’on logeât ce souverain dans le palais
royal d’Alexandrie et lui allouât une pension de cent dirhams
par jour. Cet homme avait avec lui ses enfants : `Abd al-Wâlid,
Misrî et Iskandarî, son chambellan Abû `Abd Allah
ben Yâsîn. C’est à Alexandrie que moururent
al-Lihyânî et son fils Iskandarî, tandis que son fils
Misrî demeure encore dans cette ville.
Ibn Juzzay note qu’étrangement les noms des deux fils d’al-
Lihyânî, Iskandarî et Misrî, laissaient réellement
présager de leur destinée : le premier mourut dans la
ville ; quant au second, il vécut longtemps à Alexandrie
qui est une province égyptienne (Misr). `Abd al-Wâlid parcourut
l’Andalousie, le Maghreb et l’Ifrîqiyya où
il mourut dans l’île de Djerba.
Parmi les savants d’Alexandrie, citons son cadi `Imâd ad-dîn
al-Kindî, orateur éminent. Il se coiffait d’un turban
différent de ceux qu’on portait habituellement : je n’ai
jamais vu, ni en Orient, ni en Occident, de turban plus volumineux que
le sien. J’ai aperçu, un jour, le cadi en question assis
dans le mihrab (5); son turban remplissait presque toute la niche. Citons
encore parmi ces savants Fakhr ad-dîn ar-Rîghî, lui
aussi cadi d’Alexandrie et qui était un savant distingué.
On raconte que le grand-père de Fakhr ad-dîn ar-Rîghî,
originaire de la tribu de Rîgha, s’adonna à l’étude
des sciences religieuses puis se rendit au hedjâz. Ce faisant,
un soir, il arriva à Alexandrie, un peu démuni. Il ne
voulut entrer dans la ville qu’après avoir entendu une
parole de bon augure. Il se tint donc près de la porte de la
ville jusqu’à ce que tous les habitants fussent entrés.
Vint le moment de fermer la porte, notre homme restait, seul, à
cet endroit. Le portier fut irrité qu’il ne se presse pas
d’entrer et lui dit : « Entre, cadi ! » « Cadi,
je le serai si Dieu le veut », se dit-il. Il s’installa
dans une madrasa où il récita le Coran avec assiduité,
imitant en cela les hommes vertueux. Sa réputation grandit, son
nom fut connu, il se distingua par son ascétisme et sa dévotion.
Le roi d’Égypte eut vent de son histoire. Or il arriva
qu’à cette époque le cadi d’Alexandrie mourut
; il y avait un grand nombre de juristes et de savants qui briguaient,
tous, la place ; seul, notre homme n’avait aucune ambition. Le
souverain lui envoya son investiture, soit le diplôme de magistrat.
L’agent de la poste le lui ayant remis, il ordonna à son
serviteur de proclamer de par les rues de la ville que tous les plaideurs
devaient comparaître pour être jugés. Le nouveau
cadi tint donc séance. Les juristes et autres notables se réunirent
chez l’un d’entre eux à qui ils pensaient que la
magistrature ne pouvait échapper. Ils délibérèrent
pour demander au souverain de revoir son choix car la population n’en
était pas satisfaite. Assistait à cette réunion
un astrologue subtil qui leur dit : «N’en faites rien !
J’ai examiné avec soin et vérifié l’astre
sous lequel le nouveau cadi a été nommé et il apparaît
qu’il sera juge pendant quarante ans.» Les savants renoncèrent
donc à leur projet. La destinée du cadi fut telle que
l’avait prédit l’astrologue. Notre homme s’illustra
pendant sa magistrature par son équité et son intégrité.
Citons parmi les savants d’Alexandrie : Wajîd ad-dîn
as-Sanhâjî, un des cadis de la ville, illustre pour sa science
et sa vertu, Shams ad-dîn ibn at-Tinnînî, homme distingué
bien connu. Citons parmi les gens pieux : le cheikh Abû `Abd Allah
al-Fâsî, un des grands saints de l’islam. On raconte
qu’il entendait la réponse divine à ses salutations
lorsqu’il priait. Citons aussi l’imam savant, ascète,
humble et dévot, Khalîfa, qui avait des révélations
extatiques. Un de ses amis, homme de confiance, m’a raconté
l’anecdote suivante : le cheikh Khalîfa vit, dans son sommeil,
l’Envoyé de Dieu qui lui dit : « Khalîfa, rends-nous
visite.» Il partit donc pour Médine où il se rendit
à la noble Mosquée. Il y entra par la porte as-Salâm,
salua la Mosquée et bénit le prophète. Puis il
resta adossé à un pilier, la tête sur les genoux
(on appelle cette position tarfiq chez les soufis). Lorsqu’il
releva la tête, il trouva quatre pains ronds, les vases pleins
de lait et un plat de dattes. Il partagea ce repas avec ses compagnons
et repartit pour Alexandrie sans accomplir le pèlerinage, cette
année-là.
Citons encore parmi les savants, l’iman érudit, ascète,
dévot, humble, Burhân ad-dîn al-A`raj [le boiteux],
un des plus grands ascètes et des plus grands dévots qu’il
m’a été donné de rencontrer pendant mon séjour
à Alexandrie et duquel j’ai été l’hôte
pendant trois jours. Je fus introduit auprès de lui, une fois.
Il me dit : «Je constate que tu aimes voyager et parcourir le
monde.» Je lui répondis qu’il disait vrai, alors
qu’à cette époque je n’avais pas encore songé
à pénétrer les contrées lointaines d’Inde
et de Chine. Il ajouta : «Il faudra, si Dieu te le permet, rendre
visite à mon frère Farîd ad-dîn en Inde, à
mon autre frère Rukn ad-dîn Zakariyyâ’ au Sind
et à un autre encore Burhân ad-dîn en Chine. Lorsque
tu les rencontreras, salue-les de ma part.» Je m’étonnai
de ce qu’il venait de me dire et j’eus envie d’aller
visiter ces contrées. Je n’ai cessé, par la suite,
de parcourir le monde ; j’ai rencontré les trois frères
et je les ai salués de la part de ce saint homme. Quand je lui
fis mes adieux, il me donna pour la route de l’argent que j’ai
toujours gardé n’ayant pas eu besoin de le dépenser,
mais qui m’a été ravi par des Infidèles en
Inde, sur mer, lorsque j’ai été pillé.
Citons aussi le Cheikh Yâkût al-Habashî, homme exceptionnel,
disciple du saint Abû al-Hasan ash-Shâdhilî connu
pour ses miracles sublimes et son haut degré de sainteté.
Le cheikh Yâkût m’a raconté que le cheikh Abû
al-`Abbâs`al-Mursî l’avait informé de l’histoire
suivante : «Abû al-Hasan allait au pèlerinage tous
les ans. Il prenait la route de la haute-Égypte et passait à
La Mekke le mois de rajab et les suivants jusqu’à la fin
du pèlerinage. Il allait ensuite rendre visite au noble tombeau,
puis revenait chez lui par la voie terrestre. Une année, la dernière
où il accomplit le pèlerinage, il dit à son serviteur
: "Prends une pioche, un couffin, des aromates et tout ce qui sert
à ensevelir les morts." le serviteur lui dit alors : "Pourquoi
donc, mon maître ?" Et lui de rétorquer : "À
Humaythirâ, tu verras bien. Humaythirâ se trouve en haute
Égypte dans le désert de `Aydhâb. Il y a là
une source d’eau saumâtre et le pays est infesté
d’hyènes." Lorsque le saint et son serviteur furent
parvenus à Humaythirâ, le cheikh fit ses ablutions, pria
deux rak`a et Dieu le rappela à lui à la dernière
prosternation. Il a été enseveli là. J’ai
visité son tombeau qui est recouvert d’une pierre tumulaire
sur laquelle sont écrits son nom et sa généalogie
remontant jusqu’à al-Hasan, fils de `Ali. »
(Litanies de Abû al-Hasan ash-Shâdhilî)
p. 390-391 :
« L’événement suivant se produisit à
Alexandrie en 727 (6) (nous apprîmes la nouvelle alors que nous
étions à La Mekke –que Dieu l’honore !). Une
querelle éclata entre les musulmans et les marchands chrétiens.
Le gouverneur d’Alexandrie, connu sous le nom de al-Karakî,
protégea les chrétiens et ordonna aux musulmans de se
présenter entre les deux avant-murs de la porte de la ville et
ferma les portes sur eux pour les châtier. Mais la population
désapprouva cet acte qu’elle considérait comme atroce
; elle brisa donc la porte et se rua sur la demeure du gouverneur, qui
se barricada et combattit les émeutiers du haut de sa maison.
Le gouverneur expédia des pigeons voyageurs à al-Mâlik
an- Nâsir pour l’informer de la situation. Celui-ci envoya
un émir, connu sous le nom d’al-Jamâlî, suivi
d’un deuxième du nom de Tûghân, homme impitoyable,
insensible et d’une piété suspecte : on prétendait
qu’il adorait le soleil. Les deux hommes entrèrent à
Alexandrie, se saisirent des autorités de la ville et des marchands
notables, comme Awlâd al-Kûbak et autres, et leur extorquèrent
des sommes considérables. On mit au cou du cadi `Imad ad-dîn
un carcan de fer. Puis les deux émirs firent exécuter
trente-six hommes de la ville, les coupant en deux et les crucifiant
sur deux rangs ; cela se passa le vendredi. Les habitants de la ville
selon leur coutume, allèrent visiter les tombes après
la prière et virent cette hécatombe. Grande fut leur consternation
et leur affliction décupla ! Au nombre de ces crucifiés
se trouvait un marchand très estimé appelé Ibn
Ruwâha. Il avait une salle garnie d’armes et quand il y
avait un danger ou un combat, il avait suffisamment d’armes pour
équiper cent à deux cents hommes. Il y avait d’ailleurs
dans la ville des salles de ce genre chez un grand nombre d’habitants.
Ce fut la langue d’Ibn Ruwâha qui le perdit, car il avait
dit aux deux émirs : « Je suis garant de cette ville et
chaque fois qu’il éclatera une émeute, qu’on
me demande ! J’épargnerai ainsi au souverain de verser
des soldes aux soldats et aux hommes. » Les deux émirs
n’apprécièrent pas cette déclaration et lui
dirent : «Tu ne cherches qu’à t’insurger contre
le souverain !» Ils le mirent donc à mort alors que son
dessein n’était que de prouver au souverain qu’il
lui était dévoué et qu’il était à
son service. C’est par là qu’il périt !
Lorsque j’étais à Alexandrie, j’avais entendu
parler du cheikh Abû `Abd Allah al-Murshidî, homme pieux,
dévot, vivant en ermite, tirant sa substance du Trésor
invisible de Dieu, un des grands saints illuminés. Il s’était
retiré à Minya Banî Murshid dans une zâwiya
où il vivait seul, sans serviteur, ni compagnon. Les émirs
et les vizirs allaient lui rendre visite et des gens de toutes les classes
de la société le rencontraient, chaque jour. Le saint
personnage les nourrissait, car chacun désirait manger un de
ses mets, un fruit, une pâtisserie, et chacun obtenait ce qu’il
désirait même si ce n’était pas l’époque
où on trouvait ses denrées. Les juristes venaient lui
demander des emplois, al-Murshidî nommait et destituait. Toutes
ces histoires se répandaient et étaient répétées
à l’envi. Al-Malik an-Nâsir se rendit plusieurs fois
à sa zâwiya. »
p. 403 :
« On dit que le siège du savoir et de l’autorité
était la ville de Manûf, située à un barîd
de Fustât. Lorsque Alexandrie fur construite, la population s’y
transporta et la ville devint le siège de la science et de l’autorité
jusqu’à l’Islam, alors `Amr ben al-`Âs fonda
la ville de Fustât, capitale de l’Égypte jusqu’à
présent. »
p. 1001 :
« Je partis pour (…) Alexandrie où je constatai
que l’épidémie de peste avait perdu de son acuité,
après que le nombre des victimes eut atteint mille quatre-vingts
par jour (7). »