LE CENTRE D'ÉTUDES ALEXANDRINES (CEAlex)

Les missions du CEAlex

mise à jour juillet 2006

Créé en 1990 par Jean-Yves Empereur, directeur de recherche au CNRS, le Centre d’Études Alexandrines (CEAlex) répond à plusieurs missions, menées en collaboration étroite avec le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine exceptionnel d’Alexandrie, à travers les 2.300 ans de son histoire.
Statue colossale d'un Ptolémée - cliquer pour agrandir


Les fouilles de sauvetage

La première mission du CEAlex est de parer au plus pressé, avec des fouilles de sauvetage urbain. Lors de la destruction d’un bâtiment ancien en vue de son remplacement par un immeuble neuf, le CEAlex est invité par le CSA à fouiller en un temps minimum, afin de rendre la parcelle à son propriétaire. Depuis 1992, nous avons procédé à plus d’une vingtaine d’interventions, dégageant des maisons romaines et ptolémaïques, des rues, des tronçons de la muraille, une partie de la nécropole, etc.

La mise en valeur du patrimoine bâti

Depuis une dizaine d’années, nous nous sommes intéressés à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine bâti : nous nous sommes lancés à la recherche des citernes souterraines dont parlaient les voyageurs et nous en avons localisé plus d’une centaine. Nous nous sommes attachés à la mise en valeur de l’une d’entre elles, la citerne el-Nabih, avec la perspective d’y aménager des passerelles pour l’ouvrir à la visite au public, ainsi qu’un centre d’interprétation et un département pédagogique autour du thème de l’eau. Un autre projet concerne le remontage de la porte du Phare et de l’esplanade orientale de la Septième Merveille du Monde. Ce projet bénéficie du soutien du Sénat. Grâce à la Fondation BNP-Paribas, un troisième programme a été lancé pour la restauration des mosaïques alexandrines, en vue de l’ouverture du futur Musée des mosaïques, dont la construction a été décidée par le CSA.

Statue colossale d'un Ptolémée représenté en Pharaon érigée devant le Grand Palais lors de l'exposition "La Gloire d'Alexandrie".
cliché © CEAlex

Une histoire d’Alexandrie sur la longue durée

Le CEAlex a pour vocation d’étudier Alexandrie sur toute la durée de son histoire. Chaque fouille de sauvetage, commençant à la surface de la ville contemporaine, traverse les couches de Mohamed Ali, puis les trois siècles de pouvoir ottoman, puis les différentes strates des dynasties médiévales, depuis les Mamelouks jusqu’aux Omeyyades, avant d’atteindre les couches byzantines, romaines et enfin grecques, les Macédoniens ayant fondé leurs maisons sur le rocher naturel. À travers ces 10 à 12 mètres de stratigraphie depuis le substrat rocheux jusqu’à la surface actuelle, on lit les 2.300 ans d’histoire de la cité et il serait injustifiable de sacrifier les traces d’une époque au profit d’une autre. Le CEAlex s’attache donc à l’histoire d’Alexandrie dans la longue durée et des programmes ont été mis en place pour étudier Alexandrie à l’époque médiévale : sous la direction de Christian Décobert, Directeur de Recherche au CNRS et Enseignant à l’EHSS, ces siècles qui partent de la conquête arabe de 641 après J.-C. jusqu’à l’arrivée de Ottomans en 1517 a fait l’objet de trois colloques publiés dans la série des Études alexandrines. Le troisième volume est sous presse et sortira à l’occasion des prochaines journées consacrées aux échanges économiques et commerciaux entre Alexandrie et le reste de la Méditerranée, qui se tiendra à Alexandrie en mai 2007. Depuis près de six ans, Alexandrie ottomane fait l’objet de recherches coordonnées par Michel Tuchscherer, Professeur à l’Université de Provence, avec une équipe de chercheurs égyptiens et français qui interrogent les innombrables documents des Archives nationales au Caire. Les deux réunions qui se sont déroulées à Alexandrie et au Caire donneront lieu à des publications dans notre série des Études alexandrines et une troisième rencontre aura lieu à Aix-en-Provence en janvier 2007. Enfin, un nouveau programme est enclenché, sous la direction de Ghislaine Alleaume, Directrice de Recherche au CNRS : Alexandrie au 19ème siècle, avec un accent particulier sur les institutions, le développement urbain et l’interrogation des archives en arabe du gouvernorat, avant la mise en place de l’Ornato et de la Municipalité. Nos recherches s’arrêteront à la Seconde Guerre Mondiale, au moment où Alexandrie devient une ville de la province égyptienne dont le destin dépend entièrement des décisions prises au Caire.

Le partage des connaissances : publications, films, expositions

Un des objectifs primordiaux du CEAlex est la publication des résultats de ses recherches. Une fouille archéologique n’existe pas tant qu’elle n’a pas fait l’objet d’une publication. La collection des Études alexandrines a été fondée en 1998 et, huit ans après, grâce à l’appui des Directeurs successifs de l’IFAO, elle compte 11 volumes publiés et 6 volumes sous presse, auxquels s’ajouteront 4 autres manuscrits qui seront déposés auprès des presses de l’IFAO d’ici la fin de l’année 2006. Cela donne donc un rythme soutenu de trois volumes par an, en trois langues, français, allemand et anglais. Les comptes-rendus sur les volumes publiés sont assez positifs voire élogieux pour nous encourager à continuer nos efforts dans un sillon maintenant bien tracé.

Les articles rédigés par des membres du CEAlex dépassent de loin la centaine depuis la création de notre équipe, comme on le verra dans la bibliographie mise à jour régulièrement sur ce site. Les sujets abordés traduisent la variété des recherches menées au sein du CEAlex.

À côté de ces publications scientifiques, notre souci va aussi à une diffusion plus large du savoir, avec des ouvrages destinés à un plus large public, à des DVD-Rom -notamment avec le lancement d’une nouvelle collection sur Les grandes expéditions scientifiques du 19ème siècle-, à des films réalisés par nos collaborateurs, à des expositions. Nous en avions monté une en 1998, La Gloire d’Alexandrie, au Petit-Palais à Paris, puis au musée de l’Éphèbe à Agde. En 2004, nous avions monté un spectacle sur Alexandrie dans les carrières des Baux-de-Provence, qui avait attiré plus de 100.000 visiteurs. Nous travaillons actuellement à un projet d’exposition sur les citernes et à un autre sur les mosaïques alexandrines restaurées par nos soins. Nous ferons de notre mieux pour que ces expositions voient le jour en 2008-2009.

Un rôle de formation et d’éducation

Le CEAlex s’est aussi fixé le but de participer activement à la formation de nos collaborateurs directs, les jeunes Inspecteurs et Conservateurs du Service des Antiquités. Une trentaine de ces jeunes titulaires de la fonction publique égyptienne se sont portés volontaires pour suivre une formation à la langue française et nous nous efforçons de répondre à cette demande, en essayant d’aller plus loin, avec des stages de muséographie, organisés en collaboration entre le Musée gréco-romain et l’Université francophone Léopold Senghor. Pour certains Inspecteurs qui manifestent leur volonté de poursuivre des recherches, nous les amenons jusqu’au Master 2 et même, pour quelques-uns au Doctorat qu’ils soutiennent sous notre direction à l’École doctorale de l’Université de Lyon-II, où ils côtoient une demi-douzaine de nos doctorants français qui travaillent sur des sujets alexandrins.

Enfin, l’outil le plus récent que le CEAlex a développé dans son souci de partage et d’éducation est un Département pédagogique. Grâce au soutien financier et technique de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), notre jeune équipe de pédagogues compte maintenant 4 membres qui créent des activités pour sensibiliser les jeunes Alexandrins au patrimoine exceptionnel de leur cité, autour de thèmes choisis en fonction des recherches des archéologues, sur l’eau, les citernes souterraines, le Phare, etc. En 2005, plus de 4.000 élèves ont ainsi été accueillis et il s’agit maintenant de soutenir ce rythme et de répondre à une demande croissante.


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