Une histoire d’Alexandrie
sur la longue durée
Le CEAlex a pour vocation d’étudier Alexandrie sur toute
la durée de son histoire. Chaque fouille de sauvetage, commençant
à la surface de la ville contemporaine, traverse les couches de
Mohamed Ali, puis les trois siècles de pouvoir ottoman, puis les
différentes strates des dynasties médiévales, depuis
les Mamelouks jusqu’aux Omeyyades, avant d’atteindre les couches
byzantines, romaines et enfin grecques, les Macédoniens ayant fondé
leurs maisons sur le rocher naturel. À travers ces 10 à
12 mètres de stratigraphie depuis le substrat rocheux jusqu’à
la surface actuelle, on lit les 2.300 ans d’histoire de la cité
et il serait injustifiable de sacrifier les traces d’une époque
au profit d’une autre. Le CEAlex s’attache donc à l’histoire
d’Alexandrie dans la longue durée et des programmes ont été
mis en place pour étudier Alexandrie à l’époque
médiévale : sous la direction de Christian Décobert,
Directeur de Recherche au CNRS et Enseignant à l’EHSS, ces
siècles qui partent de la conquête arabe de 641 après
J.-C. jusqu’à l’arrivée de Ottomans en 1517
a fait l’objet de trois colloques publiés dans la série
des Études alexandrines. Le troisième volume est sous presse
et sortira à l’occasion des prochaines journées consacrées
aux échanges économiques et commerciaux entre Alexandrie
et le reste de la Méditerranée, qui se tiendra à
Alexandrie en mai 2007. Depuis près de six ans, Alexandrie ottomane
fait l’objet de recherches coordonnées par Michel Tuchscherer,
Professeur à l’Université de Provence, avec une équipe
de chercheurs égyptiens et français qui interrogent les
innombrables documents des Archives nationales au Caire. Les deux réunions
qui se sont déroulées à Alexandrie et au Caire donneront
lieu à des publications dans notre série des Études
alexandrines et une troisième rencontre aura lieu à Aix-en-Provence
en janvier 2007. Enfin, un nouveau programme est enclenché, sous
la direction de Ghislaine Alleaume, Directrice de Recherche au CNRS :
Alexandrie au 19ème siècle, avec un accent particulier sur
les institutions, le développement urbain et l’interrogation
des archives en arabe du gouvernorat, avant la mise en place de l’Ornato
et de la Municipalité. Nos recherches s’arrêteront
à la Seconde Guerre Mondiale, au moment où Alexandrie devient
une ville de la province égyptienne dont le destin dépend
entièrement des décisions prises au Caire.
Le partage des connaissances : publications, films,
expositions
Un des objectifs primordiaux du CEAlex est la publication des résultats
de ses recherches. Une fouille archéologique n’existe pas
tant qu’elle n’a pas fait l’objet d’une publication.
La collection des Études alexandrines a été fondée
en 1998 et, huit ans après, grâce à l’appui
des Directeurs successifs de l’IFAO, elle compte 11 volumes publiés
et 6 volumes sous presse, auxquels s’ajouteront 4 autres manuscrits
qui seront déposés auprès des presses de l’IFAO
d’ici la fin de l’année 2006. Cela donne donc un rythme
soutenu de trois volumes par an, en trois langues, français, allemand
et anglais. Les comptes-rendus sur les volumes publiés sont assez
positifs voire élogieux pour nous encourager à continuer
nos efforts dans un sillon maintenant bien tracé.
Les articles rédigés par des membres du CEAlex
dépassent de loin la centaine depuis la création de notre
équipe, comme on le verra dans la bibliographie
mise à jour régulièrement sur ce site. Les sujets
abordés traduisent la variété des recherches menées
au sein du CEAlex.
À côté de ces publications scientifiques,
notre souci va aussi à une diffusion plus large du savoir, avec
des ouvrages destinés à un plus large public, à des
DVD-Rom -notamment avec le lancement d’une nouvelle collection sur
Les grandes expéditions scientifiques du 19ème siècle-,
à des films réalisés par nos collaborateurs, à
des expositions. Nous en avions monté une en 1998, La Gloire
d’Alexandrie, au Petit-Palais à Paris, puis au musée
de l’Éphèbe à Agde. En 2004, nous avions monté
un spectacle sur Alexandrie dans les carrières des Baux-de-Provence,
qui avait attiré plus de 100.000 visiteurs. Nous travaillons actuellement
à un projet d’exposition sur les citernes et à un
autre sur les mosaïques alexandrines restaurées par nos soins.
Nous ferons de notre mieux pour que ces expositions voient le jour en
2008-2009.
Un rôle de formation et d’éducation
Le CEAlex s’est aussi fixé le but de participer activement
à la formation de nos collaborateurs directs, les jeunes Inspecteurs
et Conservateurs du Service des Antiquités. Une trentaine de ces
jeunes titulaires de la fonction publique égyptienne se sont portés
volontaires pour suivre une formation à la langue française
et nous nous efforçons de répondre à cette demande,
en essayant d’aller plus loin, avec des stages de muséographie,
organisés en collaboration entre le Musée gréco-romain
et l’Université francophone Léopold Senghor. Pour
certains Inspecteurs qui manifestent leur volonté de poursuivre
des recherches, nous les amenons jusqu’au Master 2 et même,
pour quelques-uns au Doctorat qu’ils soutiennent sous notre direction
à l’École doctorale de l’Université de
Lyon-II, où ils côtoient une demi-douzaine de nos doctorants
français qui travaillent sur des sujets alexandrins.
Enfin, l’outil le plus récent que le CEAlex
a développé dans son souci de partage et d’éducation
est un Département
pédagogique. Grâce au soutien financier et technique
de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), notre
jeune équipe de pédagogues compte maintenant 4 membres qui
créent des activités pour sensibiliser les jeunes Alexandrins
au patrimoine exceptionnel de leur cité, autour de thèmes
choisis en fonction des recherches des archéologues, sur l’eau,
les citernes souterraines, le Phare, etc. En 2005, plus de 4.000 élèves
ont ainsi été accueillis et il s’agit maintenant de
soutenir ce rythme et de répondre à une demande croissante.
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