La fouille de la Citadelle de Qaitbay
Kathrin Machinek, architecte archéologue

C'est à l'occasion des travaux de restauration en cours actuellement que nous avons pu entreprendre nos premières investigations archéologiques systématiques. Nos recherches se déroulent depuis 2 ans et demi et comprennent non seulement le travail archéologique proprement dit mais aussi l'étude du bâti et l'analyse des sources historiques, surtout les nombreux récits de voyageurs qui sont passés à Alexandrie au fil des siècles.

L'étude d'anciens plans, particulièrement les gravures de la Description de l'Egypte datant de la fin du 18e s, et l'étude du bâti - observation et enregistrement graphique de l'édifice - nous ont permis de déterminer 8 états différents de la citadelle, dont les plus importants sont mamelouks, ottomans et modernes (19e s.).

Nous nous situons ici dans le cadre d'une fouille de sauvetage, fait qui exige de l'archéologue un travail rapide, avec néanmoins la récupération d'un maximum d'informations exploitables. De plus nous travaillons dans un contexte architectural. Cela rend les travaux difficiles du fait du risque d'effondrement, et les constructions en surface nous imposent des contraintes en ce qui concerne la superficie des sondages.

Lors des travaux de restauration, le renouvellement du dallage dans les parties édifiées aussi bien que dans la cour nous a ouvert l'accès au contexte stratigraphique scellé jusqu'alors. Une vingtaine de sondages ont pu être effectués à des endroits différents. Ces regards nous ont révélé les structures et les couches antérieures à la forteresse et abandonnées depuis des siècles. Les vestiges mis au jour nous renvoient aux phases beaucoup plus anciennes du site, aux périodes islamiques, byzantines et antiques.

Bien qu'un grand nombre d'informations aient déjà été rassemblées, la forteresse présente encore une importante superficie digne d'être étudiée plus soigneusement. Une nouvelle campagne de fouilles est prévue pour l'hiver 2003.

zone 1 zone 4 zone 3 zone 2
 

plan : Kathrin Machinek. © CEA - droits réservés

De nos jours, la forteresse se présente de la façon suivante : un donjon sur plan carré, dont les angles sont marqués par 4 tourelles circulaires, est situé dans la partie nord-est d'une vaste cour. Sur le pourtour, le terrain est protégé par une double enceinte polygonale, à laquelle s'adossent une quarantaine de petites salles qui servaient de casernement. Au nord, vers la mer, l'enceinte est fortifiée par un grand volume qui hébergeait jadis les canons sur 2 niveaux : en sous-sol et sur une terrasse en plein air.
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