| LE
SITE SOUS-MARIN DE QAITBAY - METHODES ET TECHNIQUES
"De
fer et de plomb" |
| ÉTUDE DES CAVITÉS
ET PLOMBS DE SCELLEMENT DU SITE SOUS-MARIN DE PHAROS |
| Mourad El Amoury |
| dernière
mise à jour, mars 2004 |
| Le Phare d'Alexandrie
ne nous a pas encore révélé tous ses secrets. Nombreuses sont
les études que ce bâtiment a suscitées, sans pour autant en examiner
les vestiges matériels, pourtant si abondants sous l'eau aux pieds
de la Citadelle de Qaitbay. Le Centre d'Études Alexandrines s'y
attache depuis 1994, sous la direction de Jean-Yves Empereur,
en y réalisant des fouilles sous-marines à dessein d'effectuer
une étude architecturale exhaustive des quelque 3000 blocs immergés.
Depuis 1998, l'étude des modes d'assemblage représentés d'une
part, par les cavités de scellement présentes sur les éléments
architecturaux et d'autre part, par les plombs de scellement livrés
par la fouille est menée dans le cadre de l'étude architecturale.
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Elément architectural
in situ présentant des cavités de scellement remplies
de plomb.
photo © CEAlex, tous droits réservés |
| Cette recherche se fonde sur l'analyse
des cavités de scellement présentes sur les blocs ainsi que sur
l'analyse des plombs de scellement livrés par la fouille, afin d'élaborer
une analyse comparative permettant d'extraire le maximum d'informations
sur les techniques de mise en œuvre architecturale. |
Une cavité de scellement est une trace de mise en
œuvre, elle permet de lier deux blocs juxtaposés dans le cas d'un
scellement horizontal et deux blocs superposés dans un assemblage
vertical. L'assemblage ainsi réalisé renforce la cohésion d'une
construction généralement en pierre dure contre les forces susceptibles
de l'endommager. Ce renforcement n'est pas nécessairement rigide
et l'utilisation du plomb comme liant permet au contraire d'obtenir
une certaine élasticité, rendant la stabilité de l'appareillage
plus sûre. Le plomb est un matériau meuble, à faible température
de fusion, cette dernière qualité lui permettant d'être mis en place
avec facilité et d'offrir une élasticité tant au scellement qu'à
l'ensemble de la construction. D'autre part, l'enrobage en plomb
est une protection contre l'oxydation des agrafes ou des goujons
contenant du fer. En effet, la corrosion d'une agrafe en fer peut
entraîner l'éclatement du bloc, au niveau de la mortaise qui la
contient, et ainsi endommager la construction.
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dessin
Mourad El Amouri, © CEAlex, tous droits réservés
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| Jusqu'à
présent, sur le site de Pharos, les plombs de scellement étudiés
sont associés à une agrafe, à un crampon ou à un goujon d'une
autre matière, principalement le fer et le bronze. |
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| goujon, photo © CEAlex,
DR |
agrafe, photo © CEAlex,
DR |
Le milieu sous-marin permettant une meilleure conservation du
plomb que l'air libre, il nous livre beaucoup d'informations
sur la matière, la forme et le type de cassure de l'agrafe qu'il
contenait. Ainsi, l'analyse des plombs de scellement du site
de Pharos porte sur trois éléments :
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La cavité de scellement présente sur le bloc.
-
Le plomb, medium de ce système, qui autorise
la restitution des formes de la cavité et de l'agrafe.
-
L'agrafe, dont la forme est imprimée dans
le plomb.
Les cavités et plombs de scellement ne nous
permettent pas de préciser, à ce stade de l'étude, si elles relèvent
purement de technique grecque ou égyptienne ou d'un mélange des
deux. En effet, s'il est évident que la construction d'Alexandrie
et de ses bâtiments est hellénistique, nous ne savons rien des
artisans et des ouvriers qui ont œuvré sous les ordres de commanditaires
tels que Sostratos de Cnide. Si leurs expériences ne peuvent être
ressenties sur les parties visibles ou décoratives, culturellement
représentatives dans une construction du début de la colonisation
macédonienne, elle pouvaient en revanche, être exprimées dans
les techniques utilisées par un savoir-faire égyptien. Ainsi,
les techniques de mise en œuvre pourraient montrer l'influence
des bâtisseurs égyptiens. Le granite ayant été le matériau de
prédilection des Égyptiens, il se peut que les techniques de construction,
développées au cours des millénaires avant l'arrivée des colons
grecs, aient influencé ces derniers dans leur adaptation à ce
nouveau matériau. .
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